« I Love LA » sur HBO : le « Girls » made in California sous emphet’ que la GenZ avait besoin (et pas que)
Écrit par Jérôme Patalano - Publié le 6 janvier 2026 - 🕐 3 minutes
Avec « I Love LA », Rachel Sennott signe pour HBO une comédie générationnelle aussi mordante que lumineuse, portée par un casting impeccable et une représentation LGBT rafraîchissante. La série s’impose déjà comme le phénomène télévisuel de cette fin d’année.
Diffusée dès le 2 novembre 2025 sur HBO Max pour huit épisodes, « I Love LA » suit Maia, une ambitieuse manager de talents de 27 ans incarnée par Rachel Sennott, qui tente de gravir les échelons à Los Angeles tout en naviguant ses amitiés complexes.
Ce qui sera abordé :

Créée, écrite et produite par son interprète principal, révélée dans les films indés « Shiva Baby » et « Bottoms », la série de huit épisodes a été renouvelée pour une deuxième saison après seulement trois épisodes, confirmant son statut de comédie à la croissance la plus rapide de l’histoire de la plateforme.
« I Love LA » : une écriture millimétrée qui n’épargne personne
Ce qui frappe d’emblée dans « I Love LA », c’est la précision chirurgicale de l’écriture. Chaque réplique fait mouche, chaque situation pousse le curseur de l’absurde juste assez loin pour rester crédible. Rachel Sennott, qui avait déjà prouvé son talent de scénariste avec « Bottoms », livre ici un portrait au vitriol d’une génération obsédée par la visibilité, le personal branding et l’ascension sociale. Les personnages sont tous insupportables, et c’est précisément ce qui les rend fascinants. La GenZ s’y contemple, s’y reconnaît et s’autocritique à travers des situations délibérément excessives. Et c’est JOUISSIF à voir.

Des guests qui volent la vedette
La série réserve de belles apparitions mémorables. Leighton Meester, inoubliable Blair Waldorf de Gossip Girl, qu’on a récemment vue dans la saison 2 de « Nobody wants this » sur Netflix aux côtés de son mari l’acteur Adam Brody, incarne ici Alyssa, la patronne de Maia. Elijah Wood et Moses Ingram passent une tête dans la série. Le premier dans un rôle complètement WTF quand la deuxième irradie par sa présence. Mais c’est Ayo Edebiri, star de la série Hulu/FX/Disney « The Bear », qui crée la surprise en « Mimi Rush », une pop star britannique délirante. Perruque, accent british impeccable, arrogance cosmique, elle est méconnaissable et hilarante, et à des années-lumière de Sydney Adamu. Que ça fat du bien de la voir ainsi !

Charlie, ou la représentation gay sans complexe dans « I Love LA »
Le personnage de Charlie, styliste de célébrités à West Hollywood campé par Jordan Firstman, offre une représentation queer rare à la télévision. Loin des stéréotypes du meilleur ami gay accessoire, Charlie est un personnage central, complexe, dont les vulnérabilités affectives transparaissent derrière la façade flamboyante. Sa relation à l’amour, entre détachement apparent et besoin viscéral de connexion, touche juste. Et ça aussi, c’est plaisant à voir. Enfin un rôle sans clichés, ouf !
Moi qui ai passé la quarantaine, je vous avoue que je ne m’attendais pas à être « hypé » par une série aussi GenZ-coded, avec ses tenues outrancières et son esthétique LA jusqu’au bout des ongles. Et pourtant, « I Love LA » m’a conquis par son intelligence et sa générosité envers ses personnages. Rachel Sennott prouve qu’on peut être mordant sans être méchant, satirique sans être cynique. Vivement la saison 2, déjà commandée au bout de seulement 3 épisodes diffusés. C’est dire la qualité du truc.

Jérôme Patalano est un auteur édité et auto-édité de romans d’imaginaire, feel-good et thrillers, avec des personnages queers, et consultant free-lance en communication digitale.
Enfant des années 80 et ado des années 90, la pop-culture a toujours guidé sa vie, jusqu’à la création de plusieurs médias comme Poptimist, mag de pop-culture queer (et pas que).





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